je me posais la question des neurotransmetteurs, et leur rôle dans le calvaire qu'ils nous infligent. Etant terminalement dépressive dans mes crises dysthimiques, je ne peux pas mettre en doute qu'agissent des forces qui m'échappent et qui m'écrasent, contre lesquelles je ne peux rien faire sauf opposer un barrage moléculaire au niveau de la dopamine (sauf que dans certaines régions, l'abilify la stimule, dans le lobe frontal par exemple) et de la serotonine, deux variables grossières qui résument pas toute la chimie du cerveau, en grande partie occulte - les neurotrophines par ex, les hormones produites par le neurone, qui agissent pas au niveau de l'équilibre dans la synapse, mais régulent la formation de nouvelles synapses - mais aussi toute une floppée de médiateurs dont la science ignore tout mais qui postule leur existence - je subis ainsi un déséquilibre de mon cerveau, qui peut m'être entièrement/partiellement indépendant, selon si je me reconnais dans la représentation qui résume ma négation (de la vie) ou si je m'estime victime, les subissant - en effet je donnerais cher pour pouvoir vivre, être différente et ne pas buter sans cesse contre les murs du possible dans mon psychique, on me dit "regarde la vie" "motive toi" etc etc prends toi en main change ta perspective, seulement même reconnaissant cognitivement la vérité, que tout ça est sensé, qu'il vaut mieux prendre un angle positif, se dominer et Jouir (horreur) je reconnais ce serait mieux comme ça, mais malheureusement je ne parviens pas à ressentir le plaisir, et toute la récompense qu'on escompte d'ordinaire du privilège d'être en vie, et d'exercer (malgré soi) des activités sensées nous flatter la glande du jouir, et j'en souffre. j'accepte donc l'idée que notre métabolisme cérébral nous échappe en grande partie puisque je souhaiterais être autrement, ressentir autrement, mais que j'en suis incapable, je dis faite pour mourir - inapte à la vie - handicappée du plaisir - je traine des frustrations qui sont en partie indépendantes du contexte qui délimite ma condition puisque
parenthèse
bon ok, hein on compte malgré quelques disparitions dans les colonnes des aspirations humaines génériques (socialité, vie amoureuse, santé psychique) je souffre surtout de ne ressentir aucun plaisir des choses qui devraient m'en offrir, je sais pas ma situation n'est pas si dramatique, une fois qu'on relativise les désirs de bonheur suprême un peu fantastiques de l'adolescence, les rêves où se reflète une vie parfaite (aucune conception concrête, au niveau professionnel, depuis toujours mais quand même ..) ou encore les besoins qu'on réalisait pas avant le gouffre de leur absence par ex une sociabilité, un petit ami, bref toute la chaleur humaine et l'affection qu'on pensait jadis innée (l'enfance) puis qui persistent dans des résidus aliénés à l'adolescence (restes de structure sociale, dans l'isolation néanmoins) bref en vieillissant, et surtout en se relevant de sa première psychose on ressort de l'hp on bouffe médocs sagement et on relativise ses attentes, d'abord on revient de tant de caricature (la mégalo) que s'effondrent tous les miroirs qui nous servent de but et résument ses fins dans l'existence (jésus, marx, un messie ou un grand écrivain, john nash, prix nobel, goncourt, maitre du monde, gourou planétaire, chef du FMI) alors se relève et découvre la triste réalité (sous neuros tu découvres un monde fade et plat) et le drame, dans la plupart des cas si t'avais quelque chose tu l'as brulé tu le détruis tu bousilles tout ton futur ton entourage toute ta vie (selon le temps que dure la psychose non traitée on perd du temps dans des délires), à la première crise, finit souvent en nique tes études, perds ton taf, tes amis et ta petite amie, puis végète tellement longtemps dans ton délire, puis en hopital psychiatrique, que ton CV ressemble à une zone dévastée avec panneau pour employeur "trou inexpliqué" tu lui expliques pas arrêt maladie tu simules il conclut que t'es un oisif, un loser et pire - donc si t'as même pu par chance finir tes études tu comprends le futur c'est pas la thune, ni ta passion (t'en as une) dans un taf qui ressemble pas à servir des cheese, et que t'as le choix entre rien et rien,
enfin surtout depuis tes neuros et le légume dans ton corps "magnifique" ainsi que la loque dans le bureau de recrutement du cabinet x enfin si tu t'endors sur ta chaise pendant un entretien d'embauche s'il se déroule avant 11:30 alors tu comprends tu vas niveler tes projets (t'en avais) enfin tu comprends tu vas loser à jamais et tu comprends que t'es foutu t'as plus qu'à déposer un dossier, pour l'allocation adulte handicappé donc niveau pro, métier tu rayes la colonne en entier, ou presque tu ravales ta fierté. de toute façon, on voulait pas d'un poste marketing ou la vente ni une pharmacie encore moins la magistrature nous on voulait être "Messie" (voire écrivain, prophète, artiste, en tous cas la mégalomanie se déroule pas dans un bureau de l'anpe si tu vois on se rêve pas DRH) - donc les projets au rabais que formentent les ames médiocres qui pullulent sur un premier monde largement démocratisé on se rêvait "classe moyenne" nous ahahah jamais, tous ces rêves sages qui conduisent la plupart dans leur grande majorité à une insertion se déroulant à un niveau plus ou moins elevé de la société, d'abord ils nous sont (à moi, mais à vous, en grande majorité) étrangers on déplore pourtant d'une on a pas de place dans la société, de l'autre on est pauvre et aucun moyen de se socialiser, enfin désoeuvré, de l'autre tout notre cerveau est gaché il produit plus que les ténèbres qui te serviront d'enfer et où t'enroules à mesure que tu crois que tu les gères, dommage la plupart des schizophrènes étaient dôtés pour certains d'une intelligence très exacerbée, qui tourne à vide et lui sert plus qu'à se mutiler - bref tu réalises même la condition moyenne, de l'individu beta se déroule pourtant dans un état de rétribution plus élevé que le tien en fin de compte si tu veux trop haut (mégalo), tu obtiens Rien - du tout - le niveau zéro de la récompense tu te demandes si t'as raison de tous les jours déprimer à la fin tu veux te flinguer, parce qu'en plus de patauger dans le carnage qui suit ta réhabilitation en tant que schizophrène traité qui se prolongera par 120 ans d'inactivité, tu ouvres les yeux et tu comprends, en sortant brutalement que t'es devenu gros.
voilà, à l'intérieur (l'hp), c'est trop lent, trop insidieux, trop subjectif et le nez devant le tableau on saisit pas l'idée globale, tu la prendras en pleine figure à peine tu quittes l'hopital psychiatrique, 2 mois après, tu réalises que t'as tellement engraissé, que t'aimes tellement en plus depuis que kaput tes délires (pas très fier, repentant) et en plus niveau physique .. tu ressembles à ben quoi t'as grossi un obèse des fois une petite ronde d'autres en tous cas plus le truc tout sec enfin un athlète qu'ils font entrer il y a même pas 8 semaines dans les portes de ta petite maison de la retraite un hp où te nourrissent au bon jus d'huile tu réalises que tu te dégoutes. à ce niveau, en général on pense pas à niquer on a pas l'humeur on se présente pas sur le marché puis vu les 2 personnes au plus que tu cotoies dans la vie (ta mère, un vieux pote qui habite à 900 bornes, les autres, t'ont laissé tomber) tu risques pas de te prendre même une gamelle, un rateau admettons que tu t'y mettes, de toute façon t'es trop gros. désolé, pas d'offense, je parle de ma propre expérience, au niveau du vécu, ce que j'ai ressenti, à même pas +8 kilos mais tant d'autres, moins chanceux, se mettent facile des dizaines et des dizaines de kilos ça se réveille maman te dit "tu devrais faire un effort" (à mon frère), lui fait la morale tu manges trop de glaces on comprend pas on a un truc dans le cerveau qui nous dit miam et miammiam et convoite toute la vitrine du patissier un rayon entier qu'engloutit dans le supermarché on s'en fout on est détruit, on est fiché (schizophrène), diagnostiqué et traité alors on bouffe on aimait tant manger on se prend d'amour pour une passion immense et parfois honteuse, la boulimie d'ingurgiter puis la jouissance paisible, une fois le mouvement cueillère bouche enclenché, qui rassure tant que suggère qu'il s'arrêtera jamais on prie pour que cesse jamais ce moment de liesse, la joie unique que connaisse, bouffer et bouffer, c'est si suprême il nous semble nos papilles se sont dilatées, le gout nous attire comme tout ce que peut engouffrer, remplir moi par une bouillie prémachée on se console 4-7h par jour, le temps que consacre maintenant à mastiquer.
au niveau social, tu hésitais d'un côté les potes, depuis ton délire, ils t'ont tous déjà laissé tomber, mais depuis longtemps et toute façon les amis on les avait toujours compté sur les doigts d'une seule main une jeunesse difficile aucun chorizo ne se fit élire délégué du club de foot ou de hockey ou encore président de son lycée, on dit que depuis toujours ils étaient timides, renfermés, le plus souvent taciturnes et isolés plus ou moins contre leur gré, alors au sortir .. si tu t'es pas fait copain copine avec ton voisin de palier qui souffre de schizophrénie hybride et qui serait le seul humain qui te semble susceptible d'encore communiquer, et si t'as de la chance vous vous repérez et vous dirigez vers une table isolée (des vieux, les chelous, les zombies) au petit déjeuner et se forment de sortes de radeaux de la méduse dans une zone sinistrée, qui ici est encore capable de parler? dans un service, nous sommes à peine quatre ou cinq à être conscients, le mieux, je vous conseille si vous repérez un signe de vie une lueur d'intelligence dans le regard d'un collègue de vous y greffer, si vous avez de la chance vous vous reverrez, et à force chacun faire des séjours répétés, pourrez élargir votre réseau de jeunes psychotiques, par des connaissances de potes incarcérés, c'est ainsi se rencontrent et se consolident déjà une nouvelle solidarité on se frole pas quand on se sait, chacun de nous est condamné, les amitiés ont tendance à être plus sincères que dans le défilé de la vie quotidienne on se sentait lié, en tous cas plus qu'à son ex partenaire de tennis de table (on en a pas), enfin pour les normopathes des flirts d'amitiés tout ordinaires qui nous sommes étrangers, on se reconnait une communauté de plaies et de destinée voilà entre schizo, ou chez moi après l'hp les bases de notre sociabilité, qui repose sans doute sur davantage de fraternité que la normosociété, même si beaucoup plus réduite et limitée - étant moins nombreux ils se tenaient en meute - voilà si t'as de la chance tu te fais 1 ou 2 ou plus de potes en hp, ça te tiendra chaud de temps en temps vous pensez bien que souvent sont malades, agoraphobes, déprimés, délirants ou tout simplement pas motivés, alors que périssent les vieux rêves issus de la sitcom réalité, au mieux quelques béquilles t'aideront à tenir et te livrent quelques affects que vous échangez, mais globalement, vous les schizos, toi moi nous vivons isolés.
voilà, j'ai fait le tour des éléments essentiels du bonheur que j'énumère ainsi et qui résument l'insertion, un métier (pas de la merde) j'ai un peu trop négligé le rôle de la thune, il est vrai, qui en découle, je pensais plutôt au déficit dans le désoeuvrement et l'ennui, mais il est vrai que la colonne pro se subdivise en une colonne les sous et malheureusement, ils passeront pas par nous - ensuite la sociabilité, les amis, puis la vie amoureuse - il se trouve que tous les schizos ratent (en général) au moins 2 de ces 3 catégories souvent toutes
donc, je recentre, je prenais l'exemple sur moi pour expliquer que malgré le fait que je possède encore un des éléments du bonheur (l'insertion professionnelle, du moins les études) j'arrive pas à en jouir, et à me satisfaire même après relativisation de ma situation - et donc que je souffre
que je subis des états moléculaires dans mon cerveau qui me retirent le droit au plaisir, même de jouir de ce dont je dispose (l'insertion, ou des trucs simples, gratuits, comme le soleil, un bon bain) et je veux m'en débarasser, que considère que ce déséquilibre chimique génère mes émotions et ma représentation au lieu que mes émotions et ma représentation génèrent un certain taux dans le métabolisme, je tends donc à penser que nous sommes largement déterminés par la chimie, mais où est donc la part de la personnalité ?
le plus intriguant, quand je prends mon buffy, rien n'a changé dans ma situation (objective), mais toute la représentation bascule, bientôt l'avenir me semble (presque) radieux, les études me motivent, je suis optimiste quand à mes chances d'évoluer en public, me socialiser et je badde plus à propos avoir tout raté.
quel bordel ce post, ptain
sinon je voulais arriver depuis le début à un autre truc qui m'intriguait et qui m'avait poussé à créer ce post, mais j'y suis pas encore parvenu, c'était qu'un intro, 2 sec, je relis


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